Le calendrier 2026 place plusieurs jours fériés sur des jeudis et vendredis, ce qui ouvre des possibilités de ponts mais aussi un vrai levier de rémunération pour les salariés qui acceptent de travailler ces dates. La réponse à la question n’est pas uniforme : elle dépend du statut du jour férié, de la convention collective applicable et, depuis peu, du calcul des allègements de cotisations côté employeur.
Majoration des jours fériés travaillés : ce que le Code du travail prévoit réellement
Le Code du travail distingue nettement le 1er mai des dix autres jours fériés. Le 1er mai travaillé ouvre droit à une majoration légale de 100 % du salaire, sans négociation possible. Ce doublement s’applique à tous les salariés, quel que soit le secteur.
A lire aussi : Blockchain : combien en existent dans la cryptographie ?
Pour les autres jours fériés (Ascension, 14 juillet, Noël, etc.), aucune majoration légale n’existe. La rémunération complémentaire dépend exclusivement de la convention collective ou d’un accord d’entreprise. Certaines branches prévoient une majoration comparable à celle des heures supplémentaires, d’autres ne prévoient rien du tout.
Nous observons que beaucoup de salariés partent du principe qu’un jour férié travaillé est automatiquement payé double. En dehors du 1er mai, c’est faux en l’absence d’accord collectif. Vérifier sa convention collective avant de se porter volontaire est la première étape concrète.
A découvrir également : Comptabilisation des avantages en nature : astuces et méthode facile
Jours fériés chômés et maintien de salaire en 2026
Un jour férié chômé (non travaillé) n’entraîne aucune perte de salaire pour les salariés mensualisés. Le Code du travail garantit le maintien de la rémunération, à condition de justifier d’au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise.
En 2026, la Toussaint tombe un dimanche et l’Assomption un samedi. Pour les salariés en horaires classiques du lundi au vendredi, ces deux jours fériés ne génèrent ni repos supplémentaire ni rémunération additionnelle. Aucune obligation légale n’impose à l’employeur de compenser un jour férié coïncidant avec un jour habituellement non travaillé.

Les dates les plus intéressantes pour ceux qui veulent travailler se concentrent donc sur les jours tombant en semaine :
- Jeudi 1er janvier, jeudi 14 mai (Ascension) : positionnés un jeudi, ils permettent un pont le vendredi, mais travailler ces jours-là reste possible si l’entreprise ne ferme pas
- Vendredi 1er mai et vendredi 8 mai : le 1er mai garantit le doublement de salaire, le 8 mai dépend de la convention collective
- Mardi 14 juillet et mercredi 11 novembre : placés en milieu de semaine, ces dates sont souvent maintenues comme jours travaillés dans la restauration, l’hôtellerie ou la grande distribution
- Vendredi 25 décembre : travaillé dans les secteurs à activité continue (santé, transport, commerce alimentaire)
Réforme des allègements de cotisations 2026 : impact sur la politique employeur
Une note technique de Prism’emploi (N°57/2025) signale une réforme du calcul des allègements généraux à partir de 2026, intégrant les jours fériés dans les paramètres de paie. Ce changement modifie le coût réel du travail pour les employeurs, notamment dans l’intérim.
En pratique, les jours fériés travaillés ou chômés influent désormais sur le montant des allègements de cotisations. Pour certains employeurs, proposer une majoration attractive un jour férié devient plus coûteux ou, à l’inverse, moins pénalisant selon le profil de la masse salariale.
Nous recommandons aux salariés d’intérim et de la grande distribution de se renseigner auprès de leur agence ou service RH : la réforme peut modifier les pratiques de majoration ou de récupération habituelles dès cette année.
Convention collective et accord d’entreprise : où trouver la vraie règle applicable
La convention collective prime sur le Code du travail lorsqu’elle est plus favorable au salarié. Certaines branches, comme l’hôtellerie-restauration ou le commerce alimentaire, prévoient des majorations spécifiques pour les jours fériés ordinaires travaillés. D’autres, dans le tertiaire ou l’informatique, n’ajoutent rien au minimum légal.
L’accord d’entreprise peut aussi créer des règles propres, y compris des compensations en repos plutôt qu’en salaire. Un jour férié travaillé peut ainsi donner droit à une journée de récupération au lieu d’une majoration financière. Le gain n’apparaît pas sur la fiche de paie, mais il existe.
Avant de calculer un éventuel gain, trois vérifications s’imposent :
- Consulter la convention collective (identifiant IDCC sur le bulletin de paie) pour connaître le taux de majoration applicable aux jours fériés ordinaires
- Vérifier l’existence d’un accord d’entreprise ou d’une note de service précisant les modalités de travail les jours fériés
- Distinguer la compensation financière de la compensation en repos, qui n’a pas le même effet sur le revenu mensuel
Travailler les jours fériés en 2026 : un calcul qui dépend du secteur

Dans les secteurs à activité continue (santé, sécurité, transport, hôtellerie), travailler un jour férié fait partie du fonctionnement normal. Les conventions collectives y prévoient généralement des majorations ou des repos compensateurs. Le gain réel peut représenter une à deux journées de salaire supplémentaires par mois pendant les périodes concentrant plusieurs fériés, comme mai 2026.
Pour un salarié en horaires de bureau avec une convention collective silencieuse sur le sujet, le bénéfice financier direct est nul en dehors du 1er mai. L’intérêt se déplace alors vers la récupération de jours de repos ou la négociation individuelle avec l’employeur.
Le mois de mai 2026 concentre trois jours fériés (1er mai, 8 mai, 25 mai). Pour un salarié dans un secteur avec majoration conventionnelle, travailler ces trois dates peut représenter un complément de revenu notable sur un seul mois. Pour les autres, le 1er mai reste la seule date où la loi garantit un doublement.
L’enjeu macro-économique existe aussi : la Banque de France relève que les concentrations de jours fériés affectent l’activité de certains territoires, ce qui peut conduire des entreprises à solliciter davantage de volontaires pour maintenir leur chiffre d’affaires. La demande de travail les jours fériés n’est pas qu’un choix individuel, elle reflète une tension entre repos collectif et continuité économique.
Travailler les jours fériés pour gagner plus en 2026 ne se décide pas sur une intuition. Le gain dépend d’abord de la convention collective, ensuite de la date (1er mai ou jour férié ordinaire), et enfin du mode de compensation choisi par l’employeur. Lire son accord de branche reste le geste le plus rentable avant de se porter volontaire.

